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   Sagesses

La sagesse, propre aux êtres éveillés, s'acquiert en se libérant des consciences de l'esprit dualiste. Elle est formée de cinq aspects qu'on appelle les cinq sagesses. La sagesse est inconcevable, et on ne peut qu'en donner un aperçu.

Le terme sagesse signifie « conscience connaissante primordiale ». C’est une conscience dynamique d’où s’élèvent spontanément les cinq facettes de la sagesse résultant de la purification des huit consciences grossières propres à l’état ordinaire. 

Note sur les Terres : Ce qu’on appelle Terre (de bodhisattva) est un degré de réalisation. Celui qui réalise la double vacuité du soi et des phénomènes, entre dans la première Terre et devient un bodhisattva, c’est-à-dire qu’il est déjà assuré d’atteindre l’éveil. Cependant il lui reste encore dix Terres pour atteindre la pleine bouddhéité. Les sagesses s’obtiennent progressivement de la première à la dixième Terre.

1– la sagesse semblable au miroir

Quand une personne parvient au seuil de l’éveil, l' « absorption méditative semblable au diamant » détruit les dernières traces de la huitième conscience (alaya, conscience-base de tout). Cette absorption permet d’obtenir le corps absolu, le dharmakaya, le corps d’éveil ultime et non formel, sans référence.

La « sagesse semblable au miroir » permet de voir dans toutes les directions sans la moindre erreur. Elle signifie conscience intégrale, universelle, totalement pure et panoramique. Elle est décrite comme un miroir en lequel tout apparaît avec une parfaite clarté, sans l’ombre d’un moi. Elle est invariable et parfaitement continue. En elle apparaissent toutes choses clairement, qu’elles soient bénéfiques ou nuisibles, sans aucune séparation entre soi et autre.

Cette sagesse qui possède l’amour et la compassion est la source des autres sagesses.

2 – la sagesse de l’égalité ( de l’identité, de l’équanimité)

L'aspect souillé du mental (la 7ème conscience) est source de conflit, car il sépare l'objet considéré du sujet connaissant. Cette activité crée un espace fictif dans lequel le mouvement des émotions et des fixations mentales va pouvoir se déployer (la quiétude est désirée, le devenir rejeté, parce qu'ils sont considérés tous les deux comme réellement existants). Cette conscience dualiste, responsable du mouvement du sujet vers l'objet, engendre conflits et souffrances.

L' « absorption méditative de la vaillance » permet de venir à bout de ce mental souillé.

La « sagesse de l’équanimité » résulte de la mutation de l’aspect souillé de la septième conscience, cet aspect qui opère la saisie subtile du moi. La transformation est parachevée à la huitième Terre. Il n’y a plus alors de distinction entre soi et autrui, de concepts de « je », de « mien ». Tous les phénomènes, qu’ils appartiennent au monde conditionné ou à ce qui le transcende, sont perçus dans leur essence unique : la vacuité. Les affects sont complètement éradiqués.

3 – la sagesse discriminante

L’aspect mental immédiat de la septième conscience se mue en sagesse discriminante lors de l’éveil. La sagesse discriminante connaît chaque chose individuellement, clairement, sans confusion ni assimilation, et embrasse tous les phénomènes simultanément, tels qu’ils sont, sans aucune limitation, contrairement au mental immédiat qui ne peut considérer qu’un concept à la fois.

Par l’ absorption semblable à l’illusion on réalise que l’esprit et ses objets sont illusion. Ce samadhi est obtenu dans la huitième Terre.

A la huitième terre d’éveil, le sujet qui perçoit et l’objet perçu sont transformés de telle manière que l’on est désormais dans les champs purs (dimensions d’existence). On peut aussi manifester des champs purs pour autrui.

Tant que l'esprit est entaché d'ignorance, aucune manifestation réellement positive ne peut en émaner. Les conditions favorables qui prévalent sur terre sont dues à l'activité vertueuse, à la bienveillance de quelques êtres qui, par la puissance de leur réalisation, en font un lieu relativement positif. Même s'il n'est pas comparable aux champs purs, ce monde connaît néanmoins une situation suffisamment favorable pour que l'obtention de l'éveil y soit possible.

A la neuvième terre, on obtient la connaissance du passé, du présent et du futur. A la dixième terre, les pensées deviennent un engagement illimité dans toutes les activités requises pour instruire et guider les êtres. La transformation complète des pensées en sagesse discriminante se produit lors de l’éveil.

Par l'actualisation de cette sagesse, toutes les situations relatives issues de la pensée conceptuelle sont transcendées. C'est ainsi que Milarepa pouvait traverser les murs, se déplacer dans le ciel, changer de forme ou de taille, non pas par un tour de passe-passe, mais par la réalisation de l'inexistence des phénomènes relatifs, née de la maîtrise de l'absorption « semblable au rêve ».

Le corps de gloire, corps des qualités parfaites, est le fruit de la sagesse de l’équanimité et de la sagesse discriminante. L’activité d’un tel « corps de gloire » s’adresse aux bodhisattvas des trois dernières Terres d’éveil. La sagesse de l’équanimité voit tous les êtres sans partialité, la sagesse discriminante voit chaque chose avec précision, de manière complète et sans erreur, ce qui permet aux bouddhas une activité parfaite.

4 – la sagesse toute accomplissante

La sagesse accomplissante correspond à l’accomplissement de tous les buts du dharma. La connaissance supérieure permet de voir la nature des quatre nobles vérités.

Quand on atteint la première terre des bodhisattvas, les consciences et les facultés sensorielles commencent à se transformer en sagesse accomplissante. On acquiert des facultés spéciales.

Avec cette sagesse, un bouddha connaît complètement la diversité des choses et, notamment, la situation des êtres, leur état d’esprit, leurs aspirations, leurs capacités. Ainsi accomplit-il spontanément, sans effort, le bien des êtres.

Il existe plusieurs sortes de corps d’émanation. Le corps d’émanation sublime qui amène les êtres au dharma (Shakyamouni par exemple), le corps d’émanation artistique (apparition), le corps d’émanation sous diverses formes d’existence (humain, animal,…) et enfin les corps d’émanation variés (les tulkous).

L’activité de la « sagesse accomplissante » est dirigée vers les êtres impurs, aux voiles karmiques importants. Le pouvoir d’émanation s’applique aux phénomènes inanimés ainsi qu’aux êtres animés.

5 –  la sagesse de l’espace universel (dharmadhatu)

La transmutation des huit consciences a comme fruit les trois corps. Ces trois corps n’ont pas de réalité concrète, ils sont vacuité, et leur essence est l’espace universel. Le mot vacuité ne désigne pas un vacuum inerte, car sa nature est la clarté.

La sagesse du dharmadhatu est la dimension ouverte de tous les phénomènes, dépourvue de toute élaboration mentale et de la saisie conceptuelle relative au sujet et à l'objet. Les phénomènes demeurent dans l’espace de pureté primordiale, au-delà de toutes les dénominations conceptuelles fragmentaires, telles que samsara et nirvana, commencement et fin, identité et différence. Le mot sagesse rend compte de l'interpénétration et de l'unicité des quatre premières sagesses, et dharmadhatu exprime l'inséparabilité de leur essence, qui participe de tous les phénomènes. C'est l'essence unique de la réalisation : le corps essentiel.

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